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Escalade du conflit au Moyen-Orient : le bilan s’alourdit au Liban

Escalade du conflit au Moyen-Orient : le bilan s’alourdit au Liban

Le 10 mars, les hostilités se poursuivent dans plusieurs régions du Liban, y compris dans la banlieue sud de Beyrouth, où l’intensification des frappes aériennes et les nouveaux ordres d’évacuation ont provoqué une crise humanitaire majeure.

Les mouvements de population s’accélèrent dans des conditions extrêmement précaires, exposant les civils, en particulier les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, à des risques sans précédent. De nombreuses familles sont contraintes de dormir dans leurs véhicules ou dans des espaces publics faute d’abris sûrs disponibles.

Le ministère de la Santé publique rapporte qu’au moins 394 personnes ont été tuées et 1130 blessées depuis le début de l’escalade.

La cellule nationale de gestion des risques de catastrophe indique que 117228 personnes sont actuellement hébergées dans 538 abris collectifs, dont la majorité ont atteint leur capacité maximale. Dans des abris surpeuplés et des hébergements temporaires, le manque d’intimité, d’éclairage ainsi que l’absence de toilettes et de douches sécurisées augmentent les risques de violences sexistes et d’exploitation sexuelle.

En seulement 24 heures, 517000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays, un chiffre qui témoigne de la rapidité et de l’ampleur de la crise.

Sur le terrain, les équipes humanitaires témoignent de conditions de vie alarmantes.
Mabelle Bitar, HR Senior Manager, décrit une situation d’une extrême dureté :

« Aujourd’hui, nous avons vu des familles dormir sur le trottoir, avec pour seul matelas le béton. Pas de couverture, pas d’oreiller, aucune protection. Une mère a brûlé des déchets dans la rue pour tenter de garder ses enfants au chaud pendant la nuit. Personne ne devrait avoir à survivre ainsi. »

Les femmes enceintes et les jeunes mères sont particulièrement exposées, faute d’accès garanti aux soins maternels et aux conditions d’accouchement sûres.

Nour Kassab, Gender and Protection Coordinator pour CARE International au Liban, rapporte une scène bouleversante observée lors d’une distribution :

« Aujourd’hui, j’ai vu quelque chose qui restera gravé en moi longtemps. Une femme ayant accouché par césarienne il y a seulement quatre jours était allongée sur le trottoir à Ain El Mraiseh avec son nouveau‑né. Elle devrait se reposer, récupérer et prendre soin de son enfant dans un endroit sûr, mais elle dort sur le pavé. Elle nous a dit qu’elle souffrait encore et ne pouvait pas soigner correctement ses plaies. Voir une mère qui vient d’accoucher tenter de protéger son bébé de quatre jours alors qu’elle vit dans la rue est déchirant. Aucune femme ne devrait affronter de telles conditions à un moment aussi vulnérable de sa vie. »

L’accès humanitaire demeure fortement restreint, en particulier dans les zones du Sud, en raison des opérations militaires en cours. Les ruptures dans les services essentiels, notamment les soins de santé, l’accès à l’eau, l’hygiène et la protection, aggravent encore la vulnérabilité des populations déplacées.